Fable Le Geai paré des plumes du Paon : Texte, Analyse et Morale
Étude de la fable de Jean de La Fontaine issue du Livre IV (1668)
Dans cette fable du Livre IV, La Fontaine met en scène un geai qui se couvre des plumes d'un paon pour paraître plus beau et plus noble qu'il ne l'est réellement. « Le Geai paré des plumes du Paon » dénonce avec ironie la vanité, l'imitation trompeuse et le désir de se faire passer pour ce que l'on n'est pas.
L'essentiel de la morale : Cette fable montre que l'apparence empruntée ne suffit jamais à changer la véritable nature d'une personne. En voulant briller grâce aux qualités des autres, le Geai finit par être démasqué et ridiculisé. La Fontaine critique ainsi les imposteurs, les plagiaires et tous ceux qui cherchent à s'élever par le paraître plutôt que par leur propre mérite.
| Fiche Technique : Le Geai paré des plumes du Paon | |
|---|---|
| Source |
Livre IV des Fables de La Fontaine
(9e fable du Livre IV) |
| Parution | Édition originale de 1668 (chez Claude Barbin) |
| Thématiques | Vanité Imitation Imposture |
| Genre | Apologue animalier et récit moral sur le paraître et l'imposture |
| Analyse croisée | Souvent associée à La Grenouille et le Bœuf pour la critique de ceux qui veulent paraître plus grands qu'ils ne sont |
Le Geai paré des plumes du Paon : Texte Intégral et Versions d'Étude
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Texte original
Un Paon muait ; un Geai prit son plumage ;
Puis après se l'accommoda ;
Puis parmi d'autres Paons tout fier se panada,
Croyant être un beau personnage.
Quelqu'un le reconnut : il se vit bafoué,
Berné, sifflé, moqué, joué,
Et par Messieurs les Paons plumé d'étrange sorte ;
Même vers ses pareils s'étant réfugié,
Il fut par eux mis à la porte.
Il est assez de geais à deux pieds comme lui,
Qui se parent souvent des dépouilles d'autrui,
Et que l'on nomme plagiaires.
Je m'en tais ; et ne veux leur causer nul ennui ;
Ce ne sont pas là mes affaires.
Source : Jean de La Fontaine, Livre IV (1668).
💡 Version annotée
(Définitions et sens caché)
Un Paon muait [1] ; un Geai prit son plumage ;
Puis après se l'accommoda [2] ;
Puis parmi d'autres Paons tout fier se panada [3],
Croyant être un beau personnage.
Quelqu'un le reconnut : il se vit bafoué [4],
Berné [4bis], sifflé, moqué, joué,
Et par Messieurs les Paons plumé d'étrange sorte [5] ;
Même vers ses pareils [6] s'étant réfugié,
Il fut par eux mis à la porte.
Il est assez de geais à deux pieds comme lui,
Qui se parent [7] souvent des dépouilles [8] d'autrui,
Et que l'on nomme plagiaires [9].
Je m'en tais [10] ; et ne veux leur causer nul ennui [11] ;
Ce ne sont pas là mes affaires [12].
[1] Le paon perdait ses plumes à la saison de la mue pour en changer.
[2] Il s'appropria le plumage du paon et s'en arrangea.
[3] Se promener avec orgueil en imitant la démarche du paon.
[4] Tourné en dérision, moqué de façon humiliante.
[4bis] Trompé, dupé, ridiculisé.
[5] De façon surprenante et cruelle.
[6] Ses semblables, les autres geais.
[7] S'habillent, s'embellissent.
[8] Ce que l'on enlève à un mort ou à ce qui reste après une perte. Ici, les plumes abandonnées.
[9] Personnes qui s'approprient frauduleusement ce qui est à autrui.
[10] Je ne dis rien de plus sur ce sujet.
[11] Ne pas leur faire de mal ou de souci.
[12] La Fontaine laisse entendre qu'il y a beaucoup de plagiaires et qu'il ne veut pas les dénoncer un par un.
🔢 Version numérotée
(Idéal pour citer les vers)
- Un Paon muait ; un Geai prit son plumage ;
- Puis après se l'accommoda ;
- Puis parmi d'autres Paons tout fier se panada,
- Croyant être un beau personnage.
- Quelqu'un le reconnut : il se vit bafoué,
- Berné, sifflé, moqué, joué,
- Et par Messieurs les Paons plumé d'étrange sorte ;
- Même vers ses pareils s'étant réfugié,
- Il fut par eux mis à la porte.
- Il est assez de geais à deux pieds comme lui,
- Qui se parent souvent des dépouilles d'autrui,
- Et que l'on nomme plagiaires.
- Je m'en tais ; et ne veux leur causer nul ennui ;
- Ce ne sont pas là mes affaires.
Analyse Littéraire et Sens de la Fable "Le Geai paré des plumes du Paon"
🔍 Décryptage de la fable : la vanité démasquée
Dans Le Geai paré des plumes du Paon, La Fontaine met en scène un Geai qui récupère les plumes perdues par un Paon pour se donner une apparence plus noble et plus brillante. Il croit pouvoir tromper les autres oiseaux en s'appropriant une beauté qui ne lui appartient pas. Mais son imposture est rapidement découverte : reconnu, humilié puis rejeté, il perd à la fois l'admiration des Paons et l'estime de ses semblables.
Cette fable dénonce le goût du paraître, la vanité et l'imitation trompeuse. La Fontaine vise aussi plus directement les plagiaires, c'est-à-dire ceux qui se parent des idées, des mots ou du talent d'autrui pour se faire passer pour plus brillants qu'ils ne sont. Le Geai devient ainsi le symbole de l'imposteur qui finit par être démasqué.
💡 Écho contemporain
Cette fable reste très actuelle : elle rappelle que l'apparence, le statut ou l'image ne suffisent pas à remplacer le mérite réel. Dans un monde où l'on peut facilement reprendre les idées, les textes ou les créations des autres, le message de La Fontaine garde toute sa force.
Le Geai paré des plumes du Paon illustre aussi les limites de l'imitation : vouloir paraître plus savant, plus riche, plus talentueux ou plus prestigieux que l'on ne l'est vraiment finit souvent par exposer au ridicule. L'identité empruntée ne résiste pas longtemps à l'épreuve du regard des autres.
📢 La Morale expliquée
« Qui se parent souvent des dépouilles d'autrui, et que l'on nomme plagiaires. »
Cette morale signifie que certains cherchent à se faire valoir avec ce qui ne leur appartient pas. Le Geai croit devenir admirable en portant les plumes du Paon, mais il n'a fait qu'emprunter une apparence. La Fontaine montre que le paraître, lorsqu'il repose sur l'imposture, conduit tôt ou tard à la honte et au rejet.
❓ Questions fréquentes sur "Le Geai paré des plumes du Paon"
Quelle est la morale de la fable Le Geai paré des plumes du Paon ?
La morale est que l'on ne peut pas durablement se faire valoir avec les qualités ou les créations des autres. La Fontaine critique la vanité, l'imposture et le plagiat.
Pourquoi le Geai prend-il les plumes du Paon ?
Le Geai prend les plumes du Paon pour paraître plus beau et plus important qu'il ne l'est. Il veut être admiré grâce à une apparence qui ne lui appartient pas.
Que représentent les plumes du Paon dans cette fable ?
Les plumes du Paon représentent les qualités, les œuvres ou les signes de prestige que l'on emprunte à autrui pour se donner une fausse valeur.
Que représente le Geai dans cette fable ?
Le Geai représente l'imposteur ou le plagiaire. Il cherche à briller grâce aux dépouilles d'autrui, mais il finit reconnu, humilié et rejeté.
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